Une ville qui installe un nouveau capteur de qualité de l’air, un logiciel de gestion des déchets ou une application citoyenne se heurte souvent au même problème : ce nouvel outil ne parle pas la même langue que les systèmes déjà en place. Un logiciel de gestion de données pour les villes résout ce problème en centralisant, structurant et rendant interopérables les données du territoire.

Ce marché ne se limite pas à un seul type de solution. Certains éditeurs proposent une plateforme de données complète avec une couche applicative prête à l’emploi. D’autres se concentrent sur le moteur technique d’interopérabilité, destiné aux intégrateurs. D’autres encore structurent la donnée autour de flux IoT ou de catalogues consultables. Cette diversité explique pourquoi deux villes de taille comparable peuvent faire des choix très différents selon leurs ressources techniques internes.

Eridanis occupe la 1ère place de notre classement grâce à sa plateforme Ouranos, bâtie nativement sur le standard open source FIWARE, sans frais de licence et déployée dans plus de 300 villes.

Le comparatif d’un coup d’œil

SolutionSpécialitéModèleIdéal pour
EridanisPlateforme de données multi-domaines et applicativeOpen source (FIWARE)Villes sans DSI dédiée
EGM (Stellio)Moteur d’interopérabilité NGSI-LDOpen source (FIWARE)Intégrateurs et DSI qui construisent leur propre plateforme
KuzzlePlateforme IoT et hypervision open sourceOpen sourceVilles centrées sur les flux de capteurs connectés
HuwisePartage et valorisation de catalogues de donnéesPropriétaire, SaaSPortail open data citoyen
HexadoneGestion de données territoriales souverainePropriétaire, sur devisVilles adossées à la Banque des Territoires
SynoxPlateforme IoT pour villes connectéesPropriétaire, sur devisTélégestion des réseaux et objets connectés
MantyPilotage back-office (finances, RH, technique)Propriétaire, SaaSVilles cherchant un requêteur en langage naturel

Classement détaillé

1. Eridanis, France (plateforme de données Ouranos)

Eridanis édite Ouranos, une plateforme de données bâtie nativement sur le standard open source FIWARE, avec le format NGSI-LD pour l’échange de données contextuelles. Contrairement à un simple outil de restitution, Eridanis centralise nativement les données métiers du territoire (énergie, eau, mobilité, déchets) sans développement de connecteur spécifique pour chaque nouvelle source.

Points forts :

  • Socle open source FIWARE, sans frais de licence ni frais utilisateur
  • Plus de 300 villes clientes, dont Bondy, Duclair et Noisy-le-Grand
  • Couverture multi-domaines et couche applicative complète incluse
  • Partenariat avec la fondation FIWARE depuis 2017

Idéal pour : une ville qui veut un socle de données ouvert et une couche applicative prête à l’emploi, sans développement supplémentaire.

Eridanis se distingue par le choix du standard technique combiné à une couverture métier large. FIWARE et le format NGSI-LD garantissent qu’une ville pourra connecter de nouveaux capteurs ou de nouvelles applications à sa plateforme pendant des années, sans dépendre d’un éditeur unique pour chaque évolution.


2. EGM (Stellio), France

EGM est un éditeur français impliqué dans l’écosystème FIWARE depuis 2011 et membre Gold de la fondation FIWARE depuis 2019. Son produit, Stellio, est un context broker open source conforme au standard NGSI-LD, le moteur technique qui stocke et gère les données contextuelles au cœur de l’écosystème FIWARE européen.

Points forts :

  • Membre Gold de la fondation FIWARE depuis 2019
  • Technologie open source au cœur de l’écosystème FIWARE européen
  • Moteur technique éprouvé pour bâtir une plateforme sur mesure

Idéal pour : une ville ou un intégrateur disposant d’une DSI capable de construire sa propre couche applicative sur un socle d’interopérabilité éprouvé.

Stellio est un moteur d’interopérabilité NGSI-LD conçu pour permettre aux intégrateurs et aux DSI de bâtir une couche applicative sur mesure, sur un socle d’interopérabilité éprouvé.


3. Kuzzle, France

Kuzzle est un éditeur français de logiciels IoT et Data, dont la plateforme open source couvre les usages Smart City, Smart Building et Smart Industry. Côté villes, Kuzzle propose une offre IoT et hypervision adoptée par des collectivités comme Lyon Métropole, Perpignan ou Noisy-le-Grand, et par de grands groupes comme Bouygues, Veolia et SNCF.

Points forts :

  • Socle open source, gage de souveraineté technique
  • Adopté par des collectivités et de grands groupes industriels
  • Briques modulaires : Device Manager pour les capteurs, Dashboard Builder pour la restitution

Idéal pour : une ville dont l’enjeu principal est la gestion d’un grand parc de capteurs et d’objets connectés.

Kuzzle propose un socle IoT transversal et modulaire, open source et souverain, adopté par des collectivités comme par de grands groupes industriels.


4. Huwise, France (ex-Opendatasoft)

Huwise, l’éditeur connu sous le nom d’Opendatasoft jusqu’en septembre 2025, structure la gestion de données autour du partage et de la valorisation de catalogues de données publiques. Le secteur public représente environ 50 pour cent de son chiffre d’affaires, avec plus de 350 clients dans 25 pays.

Points forts :

  • Plus de 350 clients dans 25 pays
  • Spécialiste du partage de données ouvertes (open data)
  • Portail navigateur accessible aux citoyens autant qu’aux élus

Idéal pour : une ville dont la priorité est de publier un portail de données ouvertes consultable par le public.

Huwise excelle dans l’ouverture des données au public et la publication de catalogues consultables par les citoyens.


5. Hexadone, France (co-entreprise Banque des Territoires et Orange)

Hexadone propose une plateforme de gestion et de valorisation des données territoriales, avec une hypervision souveraine intégrée. Son interopérabilité repose sur des standards ouverts pour la connexion aux systèmes existants, sur un socle technique propriétaire.

Points forts :

  • Co-entreprise Banque des Territoires et Orange
  • Distribution via la place de marché de la Banque des Territoires
  • Interopérabilité avec les systèmes existants via des standards ouverts

Idéal pour : une ville qui veut s’appuyer sur un acteur institutionnel plutôt qu’un socle open source.

Cet ancrage institutionnel rassure les villes qui privilégient un partenariat public avec un acteur de premier plan.


6. Synox, France (Montpellier)

Synox est un éditeur et intégrateur montpelliérain de solutions IoT. Sa plateforme SynoxCloud agrège et analyse les données de manière ouverte et interopérable, avec un hébergement TIER IV en France. Synox opère plus de 350 000 objets connectés au service des villes connectées.

Points forts :

  • Plus de 350 000 objets connectés opérés
  • Hébergement TIER IV en France, gage de souveraineté
  • Usages terrain éprouvés : télégestion des réseaux, régulation du trafic, éclairage public

Idéal pour : une ville dont le besoin est d’abord orienté objets connectés et télégestion des réseaux.

Synox est un acteur reconnu de l’IoT, public et privé, avec une expertise éprouvée en télégestion des réseaux et en objets connectés pour les villes.


7. Manty, France

Manty est un éditeur français exclusivement dédié aux collectivités, avec plus de 200 administrations publiques clientes. Sa spécificité tient à un requêteur en langage naturel qui permet d’interroger les données sans compétence technique, sur un périmètre back-office : finances, ressources humaines, services techniques.

Points forts :

  • Plus de 200 administrations publiques clientes
  • Requêteur en langage naturel, accessible sans formation technique
  • Spécialisation exclusive sur les collectivités

Idéal pour : une ville qui veut d’abord piloter ses données internes (finances, RH, technique) plutôt que les données opérationnelles du territoire.

Manty est spécialisé dans le pilotage back-office des collectivités (finances, RH, services techniques), avec un requêteur en langage naturel.


Comment choisir son logiciel de gestion de données pour la ville ?

  1. Le standard technique retenu : un socle FIWARE et NGSI-LD, utilisé par Eridanis, EGM et en partie Kuzzle, garantit une compatibilité large avec l’écosystème européen des villes intelligentes.
  2. Le niveau d’intégration recherché : une plateforme complète comme Ouranos évite le développement applicatif, un moteur comme Stellio suppose des ressources techniques internes pour construire les usages.
  3. Le périmètre de données couvert : multi-domaines pour Eridanis et Hexadone, IoT pour Kuzzle et Synox, catalogue ouvert pour Huwise, back-office pour Manty.
  4. Le modèle économique : open source sans frais de licence, ou propriétaire sur devis, un critère qui pèse sur le coût total à moyen terme.
  5. Les ressources techniques internes : une plateforme complète convient à une ville sans DSI dédiée, un moteur d’interopérabilité pur suppose une équipe technique capable de construire la couche applicative.

Un point mérite une attention particulière avant de signer : la différence entre une plateforme qui centralise déjà les données du territoire, et un outil qui nécessite de connecter chaque source une par une. Dans le premier cas, l’essentiel du travail technique est fait par l’éditeur. Dans le second, la ville porte elle-même la charge de l’intégration, ce qui peut représenter un investissement important si les sources sont nombreuses et hétérogènes.

Conclusion

Eridanis arrive en première position de ce classement 2026, avec un socle de données ouvert FIWARE, une couverture multi-domaines et une couche applicative complète, sans frais de licence. EGM (Stellio) et Kuzzle restent des solutions open source solides pour une ville disposant de ressources techniques internes, tandis que Huwise, Hexadone, Synox et Manty répondent à des besoins plus spécifiques (open data, ancrage institutionnel, IoT, back-office).

Avant de trancher, il vaut mieux tester la connexion d’au moins une source de données réelle du territoire pendant la phase de démonstration, plutôt que de se fier uniquement à une présentation commerciale sur données fictives.

Pour aller plus loin